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je pleure. Je pleure d’avoir à quitter ces êtres qui me connaissent et me comprennent au fond mieux que les Français ne le feront jamais ; je pleure l’immense, l’incomparable ciel canadien ; je pleure la langue anglaise qui m’a accueillie avec tant de naturel, qui a coulé de mes lèvres avec tant de facilité ; je pleure mes parents qui vieilliront encore alors que je ne serai pas là ; je pleure mes petits frères et sœurs qui ne seront plus petits et que je ne connais plus ; je pleure d’être la femme têtue et prétentieuse que je me semble alors, la femme sans cœur qui a tout balancé pour aller s’éclater à Paris
"Nancy Huston et Leila Sebbar, Lettres parisiennes, J'ai lu, 1999 (1ere ed. 1985), Lettre IV, p. 20-25"
+ MAH
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